En chemin vers la capitale Inca …

 25 mars 2015 – Pérou,  Arequipa

Fraîchement débarqués au Pérou (avec nos fruits, voir article « c’est pas le Pérou »!), nous mettons le cap sur la superbe ville d’Arequipa, 1 million d’habitants.

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Comme toujours en arrivant dans une ville, nous nous dirigeons avec Corto jusqu’à la place d’Armes, où nous sommes quasiment sûrs de trouver à chaque fois un centre d’informations. Ce coup-ci on fait fort … : nous déboulons sur la Plaza de Armas en pleine procession haute en couleur du dimanche des rameaux … Ajoutez à cela des centaines de taxis pressés (il y a bien plus de taxis que de voitures personnelles dans les villes péruviennes …) et des dizaines de colectivos assez sauvages (mini-bus réguliers de transport passagers) et cela rend notre approche de la Plaza de Armas un peu agitée …

On a juste le temps de percevoir que le centre historique est superbe, mais on creusera cela un peu plus tard.

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Pour l’instant notre seule préoccupation est de trouver un site où nous poser quelques jours : dans les grandes villes où nous restons avec Corto (c’est rarissime …), nous pensons plus sûr de nous poser dans un camping. Il s’avère qu’il n’y a pas de camping à Arequipa, mais le centre d’info i-Peru nous renseigne très efficacement un hôtel susceptible d’accueillir dans son jardin quelques camping-car et tentes. Parfait ! Et mieux encore : l’hôtel Las Mercedes n’est situé qu’à quelques encablures du centre historique et donc facilement accessible à pied.

Et nous voilà donc partis à la découverte de cette ville entourée des cimes enneigées de volcans et au climat très agréable.

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L’homogénéité architecturale frappe tout de suite et provient de l’utilisation omniprésente du Sillar, pierre blanche d’origine volcanique.

De très nombreuses églises parsèment le centre historique, certaines aux décorations plutôt baroques mélangeant iconographie Chrétienne et figures de la mythologie Inca !

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Il est bien agréable de s’y promener …

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… et d’y observer la faune urbaine locale …

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Pas sûr que le casque du pilote est homologué ….
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Le look très « Tomb Raider » des policières locales à moto …

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Nous y visiterons aussi l’étonnant monastère Santa Catalina, véritable ville dans la ville, où chaque religieuse – de bonne famille – possédait chambre, salon, salle à manger, cuisine … et chambre de bonne pour la bonne à demeure !

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Patios …
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… et ruelles

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Ingénieux système de bacs à lessive …
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Cuisine au feu de bois personnelle …

Mais le Pérou, c’est aussi le pays du Chocolat … Ou plus précisément le pays du Cacao. C’est une peine, mais une quantité infinitésimale de ce cacao est transformée au Pérou même … La toute grande majorité part à l’étranger, en Suisse, en Belgique, etc …

Et justement, nous tombons sur un jeune artisan chocolatier d’Arequipa qui produit un chocolat de grande qualité en utilisant bien entendu le cacao local … Il propose aussi des ateliers « De la fève de Cacao … à la barre de Chocolat » et, bien entendu, nous y voilà !

Nous passerons plus de 3 heures, rien que lui et nous, dans son atelier et apprendrons mille choses sur le cacao et son processus de transformation en chocolat.

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Sélection des fèves de cacao …
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Broyage de fèves …

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Malaxage pour obtenir une pâte de chocolat …
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Préparation des ingrédients avant moulage de la pâte de chocolat …

Il est tout content de savoir que c’est le chocolat amer et puissant qui nous plaît tant (ici, à son grand regret, c’est plutôt le chocolat au lait, plus neutre, qui se consomme …). Nous repartirons avec nos propres barres de chocolat amer mélangées à du sel, des feuilles de coca broyées (nous n’avons pas dit Cocaïne …), du quinoa, etc …

Nous les consommerons religieusement tout au long des semaines qui suivent. Vraiment un super moment partagé avec un jeune passionné et passionnant …

Du Chocolat à la vallée de Colca, il n’y a qu’un pas … Que nous franchissons avec Corto. Au passage, nous battons notre record d’altitude en passant à 4.910 mètres d’altitude, quasi l’air de rien : la route est ici asphaltée et grimpe calmement … Rien à voir donc avec le Paso Agua Negra …

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A chivay, porte d’entrée du canyon de Colca, deux choix s’offrent à nous : soit on suit la meute  de minibus d’agences de voyage en suivant le canyon par babord, soit on prend un chemin plus vaga-bond en suivant le canyon par tribord.

Devinez quoi ? On prend le chemin de traverse … On se pose à Yanque  en fin d’après-midi sur la belle petite place du village, dans le calme absolu.

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La place de Yanque, au calme avant l’orage …

Quelle surprise le lendemain matin en ouvrant les volets de Corto à 7h00 et en voyant la place noire de monde  : Minibus de touristes, étals, lamas et aigles à photographier etc …  C’est joli à photographier, mais c’est surprenant !

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A 6h00 du matin, je monte mon étal …

A 7h30 du matin, tout le monde s’en va : les minibus sont repartis pour tenir leur programme minuté, les étals se replient et c’est de nouveau le calme jusqu’au lendemain matin !

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… et à 8h00 je replie mon étal et j’enlève mes habits « Pour touristes » !

On profite encore un peu de la petite place de Yanque, et nous voilà traversant un chapelet de petits villages bucoliques pour arriver au cul-de-sac de Madrigal, où on se pose comme d’habitude sur la place du village, son église, sa statue en l’honneur des ancêtres précolombiens et son petit poste de police local … Cela nous convient toujours bien.

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La bien agréable petite place de Madrigal …

Une première petite balade à travers les ruelles du village et les champs cultivés (micro-parcelles de Quinoa, de maïs, de pommes de terre, etc …) nous permet de prendre la température de ce village tourné vers l’agriculture. L’habillement des femmes nous émerveille, avec leurs robes et chapeaux brodés assortis. Et ici, ce n’est pas pour les touristes : à part nous, il n’y en a pas !

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Le petit village de Madrigal, dans sa verte vallée.
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Le mot « bucolique » a sans doute été inventé ici …

Calme Madrigal ? Oui, vraiment ! Sauf qu’en cette semaine sainte, les messes démarrent à … 4 heures du matin avec appel des fidèles au micro … et que les colectivos partent de Madrigal vers 4h30 du matin, avec des dizaines de coups de klaxon pour réveiller et rameuter les clients potentiels …

Sûr que cela nous permet d’être bon pied bon œil dès potron-minet … Cela tombe bien, nous avons aujourd’hui à notre programme une belle balade jusqu’à la Fortaleza de Chimpa avec, en bout de piste une vue imprenable nous dit-on sur le Canyon de Colca dont la profondeur, des cimes les plus hautes à l’abîme le plus profond, fait quand même près de … 3.500 mètres. Bon on verra si le vertige de Paul s’y porte bien …

On quitte le village de Madrigal par une piste qui s’enfonce dans une gorge étroite assez impressionnante. Sans se dire un mot on se pose la même question … Corto parviendra-t-il à franchir la pente au retour (refrain déjà connu …) ? Allez, on verra cela plus tard …

En attendant on se pose avec Corto près du point de départ et c’est parti pour un beau dénivelé à travers de somptueux paysage.

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Arrivée à la Fortaleza de Chimpa, bien cachée dans son environnement naturel

Durant cette montée qui laisse le vertige de Paul bien en paix, rien ne laisse présager les ultimes 20 derniers mètres d’escalier étroit et sans garde-fou donnant accès à un promontoire en bordure du vide …

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L’ultime promontoire, épreuve pour Paul …
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Le canyon de Colca vu du promontoire de Chimpa.

Marie-Alliette se déplace en toute sérénité. Paul rampe.

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Paul se sent mieux sur le plancher des vaches, pas très fier …

Il a beau savoir que ce n’est que dans la tête que cela se passe, cela ne change pas grande chose à cette foutue appréhension du vide … C’est sûr il aurait fait un bien piètre garde Inca dans ce poste d’observation stratégique dominant deux vallées.

Allez, cela valait le coup … A la redescente, on perçoit un net changement de temps … Il ne faudrait quand même pas trop qu’il pleuve, cela rendrait le retour avec Corto bien périlleux. On décide alors de retourner à Madrigal par une autre piste qui, du haut de notre sentier, nous paraît bien plus plate et plus facile pour Corto.

Erreur de débutant … On se retrouvera bien vite coincés dans une pente herbeuse infranchissable avec Corto et avec l’impossibilité d’y faire demi-tour … La marche arrière, 20 centimètres par 20 centimètres en bloquant chaque fois les roues de Corto avec une grosse pierre pour éviter qu’il ne dérape dans la pente, nous prendra une bonne demi-heure. Entretemps, le ciel s’est noirci, les éclairs strient le ciel et la pluie se met à tomber dru …

Plus le temps passe et moins nous avons de chance de remonter la piste sous cette pluie battante … et il ne fait pas bon rester à l’endroit où nous sommes, au beau milieu de la gorge étroite et dans le lit d’une rivière qui pourrait très bien se transformer en torrent …

Bon on attaque, la pente gravillonneuse avec un nœud dans le ventre, mais cela passera, parfois pied au plancher à 2 kilomètres heure et roues patinant, mais cela passera … Ouf.

En chemin, on dépasse une petite famille apeurée par les éclairs qui retourne en courant vers Madrigal … Eux non plus n’avaient pas prévu ce changement radical de temps. Allez hop, on les embarque trempés dans Corto. Il y a cinq minutes, on ne pensait même pas pouvoir remonter jusqu’à eux …

Comme de bien entendu, nous voilà invités par Agustin, son épouse et leur fille Magali à partager un Maïs cuit chez eux, ou plutôt dans l’ancienne maison de famille – très, très rustique – qui faisait office de boulangerie du village lorsqu’Agustin y était enfant.

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D’Arequipa où ils vivent, ils viennent régulièrement à Madrigal pour s’occuper de la parcelle de terre agricole familiale. On discutera de nos pays respectifs, baragouinera en anglais avec Magali qui souhaite le pratiquer et un peu en Quechua, la langue historique des villageois … On échange nos adresses (on ne sait jamais …) et on se quitte, heureux de cette rencontre.

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Avant de quitter la vallée de Colca, on se décide quand même à faire une boucle sur l’autre versant, plus touristique. C’est de ce côté que, tous les matins, les condors de la vallée utilisent les courants ascendants en frôlant la falaise …

Nous verrons les condors dans d’excellentes conditions … Il en déboule de partout. On a de la chance …

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Une vache morte couchée sur le flanc est visible à quelques centaines de mètres, en contrebas.

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Cela n’a pas échappé non plus aux condors qui tournoient longuement au-dessus de la carcasse, finissent par se poser, inspectent la bête … et s’envolent à nouveau ! Bizarre, il y a pourtant là de quoi alimenter tous les condors rassemblés (plus de 25 !) …

Et nous voilà confrontés à l’envers du décor … Les condors de la Vallée de Colca sont un atout majeur pour le tourisme local. Les édiles locaux l’ont bien compris … Comment faire pour maintenir leur présence chaque jour dans le canyon de Colca ? Eh bien, c’est tout simple, l’explication nous viendra d’un Péruvien : pour fidéliser les condors dans la vallée, il suffit d’abattre régulièrement une vache dans un lieu suffisamment proche du mirador de los Condores – où s’arrêtent chaque matin des dizaines de minibus « Servicio turistico » – mais non visible depuis ce même mirador …

Oui, mais nous, nous nous sommes arrêtés quelques kilomètres avant ce fameux mirador, dans un site tout aussi remarquable (mais sans possibilité de parking pour tous les minibus …) et avec vue imprenable sur ce lamentable spectacle : l’alimentation « forcée » des condors du coin. On peut comprendre l’importance de l’enjeu pour la Vallée de Colca, mais en amoureux de l’observation de la faune, cela ne nous plaît néanmoins pas …

Alors oui, le spectacle était grandiose, mais un petit quelque chose nous gêne dans cette mise en scène faunistique … On regrette d’autant moins d’avoir choisi de privilégier durant plusieurs jours l’autre versant de la vallée, totalement authentique, lui.

Allez hop, cap sur Cusco … On compte y arriver dans la soirée … Tiens, le long de la route qui longe la vallée, juste avant le village de Maca, un panneau « Faille géologique » apparaît … « Cela n’annonce rien de bon » présage Marie-Alliette …

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… qui avait bien raison !

Et effectivement dans ce seul endroit de la route sans macadam, la pente est très forte et surtout constituée d’une couche de poussière fine … Pourquoi ? Et bien parce qu’il ne sert à rien de macadamiser ce tronçon, il ne tiendrait pas au niveau de cette faille géologique qui s’affaisse constamment … La pente devient donc chaque année de plus en plus forte … Tous les véhicules que nous voyons passer parviennent à la franchir péniblement (en zigzaguant dans la pente !), nous pas (Refrain déjà connu …).

La procédure devient bien au point : On vide la soute, on débarque les vélos, on tente de s’élancer une nouvelle fois, on sort la sangle de traction, on tire à plusieurs … et finalement, on attend sagement un véhicule susceptible de nous tracter. Ce n’est pas gagné d’avance vu la difficulté que les autres véhicules ont déjà à franchir cette côte …

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La solution viendra de l’Alcalde de la vallée de Colca et de son 4×4 (C’est un peu comme si, en Belgique, le gouverneur de la province de Luxembourg passait par là …). Ce sera chaud, cela dérapera, l’anneau de traction de Corto se tordra, mais cela passera … Allez, hop : deux bonnes bouteilles de vin pour clôturer en beauté cette rencontre fort appréciable …

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C’est presque trop facile si on compare aux aventures de nos amis Alex, Agnès et leurs deux filles qui, dans un autre lieu ont dû patienter 4 heures, 3 roues sur la route, la quatrième dans le vide (!) avant de trouver la seule solution qui fonctionnait : Mettre deux 4×4 en série pour sortir leur camping-car de ce pas très délicat …

Tout cela nous a quand même demandé quelques heures et pas mal d’efforts. On se pose juste au sommet de la côte dans le petit village de Maca. On y passe la nuit et on met le cap sur Cusco le lendemain matin. Journée de route pour arriver le soir tombant sur la petite et très belle place d’Andahuaylillas, son église considérée comme la chapelle sixtine des Andes (rien que cela !), ses arbres séculaires et ses écoles aux  uniformes impeccables et bien différenciés …

 

 

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On profite calmement du lieu le lendemain matin mais un message nous informe que si nous voulons rencontrer Belen, la responsable de l’organisation Kallpa à Cusco, c’est aujourd’hui, sinon c’est une semaine plus tard … On remballe tout, et on met le cap sur Cusco, ville au nom mythique et qui sera le théâtre de nos activités des 3 prochains mois.

Un nouveau chapitre de notre voyage, très différent des précédents va bientôt s’ouvrir … Affaire à suivre !

2 réflexions au sujet de « En chemin vers la capitale Inca … »

    1. Hola Annette,

      Ne t’inquiète pas, c’est comme dans un match de volley : Il est souvent plus difficile d’être sur le banc que d’être sur le terrain …

      Ces moments parfois un peu difficiles sont finalement très rares mais laissent des forts souvenirs, d’où leur place dans nos récits …

      On t’embrasse et à bientôt,

      Paul et Marie-Alliette

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