C’est le Brésil …

En planifiant notre voyage dans le sud de l’Amérique du sud, nous avions initialement choisi d’exclure le Brésil, tout simplement parce que nous souhaitions privilégier les pays où se parle l’espagnol … Tant pis donc pour les plages de sable fin, Copacabana, la mer chaude, …

Mais, finalement, nous changeons d’avis !

Nous irons bien au Brésil !

Enfin plus exactement, nous y passerons 15 minutes et visiterons 20 mètres carrés de cet immense pays !

Mais pourquoi donc ?

Eh bien, à notre entrée au Pérou, l’administration de l’immigration nous a octroyé 120 jours de séjour, mais malheureusement, la douane n’a pas accepté d’octroyer la même durée de séjour à Corto … Et nous voilà donc confrontés à la limite de 90 jours sur le territoire péruvien pour Corto …

Un retard pour nous ne serait pas trop grave (une amende d’1 dollar par jour de retard par personne à payer) mais si nous dépassons le délai octroyé pour Corto ne fut-ce que d’un jour, l’administration péruvienne considérera qu’il s’agit d’une importation de véhicule étranger et non plus d’une entrée temporaire avec, à la clé, de fortes taxes d’importation. On préfère éviter cela …

Il nous faut donc sortir du Pérou et y rentrer à nouveau pour remettre les compteurs à zéro et disposer à nouveau de 90 jours de délai sur le territoire Péruvien. On n’a pas le choix …

Deux options s’ouvrent à nous : soit on effectue cette opération à la frontière ¨Perou-Bolivie » en redescendant vers Puno, le lac Titicaca et Copacabana (celle de Bolivie …), soit on remonte jusqu’à la frontière « Pérou-Brésil » d’Asis Brasil en visitant au passage un bout de la Selva amazonienne.

On se renseigne sur l’état des routes et, comme d’habitude, on reçoit pas mal d’informations contradictoires … Finalement on décide de remonter vers Puerto Maldonado et la frontière brésilienne.

On en profite pour embarquer sur une partie du trajet deux Señoras en habits traditionnels dans Corto pour quelques dizaines de kilomètres, les photographier et offrir la photo papier à chacune d’elles : elles nous quitteront hilares devant leur photo, sans doute une première pour elles …

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En chemin, nous assistons aussi à un match de foot féminin en équipement …très local !

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Après un passage de col (un de plus…) à 4.350 mètres d’altitude, nous redescendons pas moins de 4.000 mètres (!) de dénivelée pour arriver progressivement dans la selva amazonienne. 

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Notre itinéraire emprunte une partie de la « Ruta Transoceanica » en parfait état qui joint l’Atlantique au Pacifique avec l’objectif de favoriser les échanges commerciaux entre le Brésil et le Pérou …

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Bon, ça ce n’est pas forcément gagné : sur les 750 kilomètres de trajet jusqu’à la frontière brésilienne, nous ne croiserons que quelques camions et, parmi ceux-ci, aucun camion brésilien. Au retour, idem …

Par contre, sur le trajet, nous croisons un grand nombre de mobylettes, quasiment toutes transportant 2 ou 3 jerrycans de carburant.

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Nous apprendrons plus tard que ce carburant est destiné à deux plaies profondes du Pérou : La Mineria Informal (mines clandestines fortes consommatrice de machines terriblement destructrices et polluantes …) et les producteurs de cocaïne (eux aussi clandestins, le Petrolio entrant, nous dit-on, dans le protocole de production) …

Il nous sera d’ailleurs très difficile de trouver du Pétrolio (Diesel) à Puerto Maldonado … la plupart des pompes arborant un panneau « No hay Petrolio », et ce n’est qu’en insistant auprès de la responsable d’une de ces stations qu’on finira par nous dire que si, il y a du Petrolio et qu’on acceptera de nous servir …

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Bon allez, maintenant qu’on est dans ce coin-là, on va en profiter pour rentrer un peu plus profondément dans cette forêt amazonienne et nous nous posons donc avec Corto à Puerto Maldonado dans l’Anaconda lodge qui a déjà accueilli il y a quelques semaines nos amis voyageurs Alex, Agnès et Charlie, leur Camping-car plus long, plus large et plus haut que le nôtre …

C’est donc avec confiance que nous nous engageons en pleine obscurité dans la piste d’accès à l’Anaconda lodge serpentant entre les arbres … Mais comment diable ont-ils fait ? Après 100 mètres de slalom olympique au ras des arbres, il faut nous rendre à l’évidence : on ne passera pas. Ils sont trop forts Alex et Agnès …

Allez, un peu plus tard, le propriétaire du lodge démystifiera pour nous : Charlie était bien trop grand pour passer, et est donc resté parqué juste à côté, mais en-dehors du lodge !

On se posera donc là, vaille que vaille au beau milieu de la forêt …

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On ouvre la porte de Corto, on allume la lampe de poche … et la première vision que nous avons de la faune de la Selva, ce sont deux splendides (Paul) / horribles (Marie-Alliette) tarentules à la taille impressionnante posées sur un tronc à moins d’un mètre de Corto …

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A vol de pirogue sur le fleuve Madre de Dios, la réserve Tambopata n’est pas loin de Puerto Maldonado … C’est l’occasion pour nous de rentrer un peu plus au cœur de la forêt amazonienne pour y découvrir sa faune : Caïmans, singes et fourmis chirurgiennes …

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Nous n’aurons pas besoin de leurs services, mais ces fourmis à la taille et aux mandibules impressionnantes constituent une trousse à pharmacie imparable (spéciale dédicace pour Caroline, spécialiste par la force des choses de la médecine d’urgence en environnement isolé et Véronique, notre support médical à distance, toujours intéressée par les méthodes d’avant-garde …) : Une plaie à refermer ? Prenez une de ces fourmis par l’abdomen, faites la mordre de façon à ce que ses mandibules rapprochent les deux bords de la plaie … Sectionnez l’abdomen tout en maintenant bien la tête de la fourmi et ses mandibules en place. Répétez l’opération avec autant de fourmis que nécessaire en fonction de la longueur de la plaie … Et voilà,  le tour est joué …

Durant ces quelques jours dans la selva, nous devrions profiter d’une température d’environ 30° et « Ten ten blue sky» … Mais voilà, nous tombons un de ces extrêmement rares jours où la météo s’inverse dans la Selva : 11-12°, pluies battantes et vent à desquamer un caïman … En pirogue à rames, au milieu du lac, cela rend les choses rapidement dantesques … Beth, une jeune anglaise voyageuse en fera les frais : mal équipée et trempée jusqu’aux os, elle grelottera littéralement de froid là où elle aurait normalement dû transpirer dans la chaleur moite … C’est Marie-Alliette qui la dépannera avec un pull sec …

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Alors que Paul, lui, travaille dur en réfléchissant à la stratégie globale pour la suite du voyage …

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Bon, on s’extirpe de la boue des chemins d’accès au parc Tambopata …

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… et nous voilà partis vers la frontière brésilienne, où tout se passera bien : Démarches de sortie du Pérou, de rentrée au Brésil, de sortie du Brésil et de rentrée au Pérou, tant pour nous que pour Corto, le tout en 1h30 chrono ! Mieux que dans nos rêves … La douane péruvienne chicanera un peu au retour de Corto, mais finalement nous laissera re-rentrer au Pérou le même jour. Allez, nous voilà rassurés sur la possibilité de rester au Pérou, à Cusco et de  finaliser nos projets avec l’organisation Kallpa … Et cela, c’est une bonne nouvelle ! Affaire à suivre …

2 réflexions au sujet de « C’est le Brésil … »

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