Le choc de Cusco …

05 avril 2015 – Cusco – Capitale Inca

Cusco, nous y voilà …

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Tout un pan de l’histoire du Pérou et du continent Sud-américain s’est joué ici … Choc des cultures et de la colonisation ont laissé ici des traces indélébiles et splendides.

Mais avant de découvrir les trésors du Centro Historico de Cusco, c’est tout d’abord les abords de la ville qui nous sautent à la figure.

Chaotique. C’est le premier sentiment qui nous vient à l’esprit …Routes défoncées au macadam fondu …

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… trafic anarchique, coups de klaxons incessants …

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… minibus bondés et pressés, bâtiments mal finis …

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… vendeurs de rue omniprésents …

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… tas de détritus et leur cohorte de chiens errants …

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… poussière et gaz d´échappement, marchés multicolores débordant de fruits (ça, c’est une vraie bonne surprise!) …

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… centaines d’écoliers en uniformes …

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… câbles électriques enchevêtrés …

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… vendeurs de rue assoupis sur leur marchandise …

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… (jeunes) mères courage transportant partout leur charge ou leur dernier bébé sur leur dos …

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… et au milieu de tout cela, quelques touristes égarés hors du centre historique (et souvent très décalés sur le plan vestimentaire).

Dès notre première traversée de Cusco avec Corto, on le sait déjà : ce ne sera pas un coup de cœur immédiat. C’est clair que venant de notre patelin de 400 habitants dans nos Ardennes belges, il nous faudra du temps pour décoder cette ville et l’apprivoiser.

Marie-Alliette a du mal. La poussière, la crasse, le bruit et les odeurs parfois violentes … ce n’est pas trop son truc. Et puis, il fait froid et pluvieux lors des premières semaines de notre arrivée à Cusco. Cela non plus, ce n’est pas son truc. Paul n’en mène pas très large non plus, mais vit mieux cette arrivée, déjà conscient que le temps jouera en notre faveur : avec le temps, notre implication dans les projets se clarifiera, les liens avec les personnes que nous rencontrerons ici se fortifieront au fur et à mesure et puis, la météo ne pourra que s’améliorer …

C’est donc dans ce magma un peu chaotique, que nous traversons tout Cusco avec Corto – et ce n’est pas de tout repos – pour rencontrer Belèn, responsable de l’antenne Cusquénienne de Kallpa, et son équipe. Nous sommes très bien accueillis : la prise de contact est très positive et le terrain est donc propice à réfléchir ensemble à des possibilités de collaboration sur un horizon de 3 mois.

Nous en apprenons davantage sur Kallpa … Voilà 25 ans que cette ONGD péruvienne est active dans différentes zones géographiques (Lima sur la côte pacifique, Cusco dans la Sierra et Iquitos dans la Selva amazonienne) et sur différents fronts : secteur de la santé (prévention Sida, …), secteur de l’éducation (appui aux élèves des écoles du soir) et secteur de l’emploi (aide à la recherche d’emploi et pépinière de micro-entreprises).

Kallpa
C’est dans ces deux derniers secteurs que Kallpa nous propose de nous impliquer à travers la concrétisation de micro-projets. Parfait, d’autant qu’au-delà de notre bonne volonté, nous arrivons avec une capacité de financement significative : 20.000 € ont en effet été mis à la disposition des projets que nous appuierons par Marwan et Kawther, dirigeants de BSB, société cliente des activités d’indépendant de Paul. C’est évidemment super …

Quand on sait que le salaire minimum légal au Pérou – souvent non respecté … – est de 750 Nuevos Soles par mois (soit environ … 225 € par mois pour 6 jours de travail par semaine, 8 heures par jour), on entrevoit sans peine que ce budget va réellement permettre de réaliser des choses concrètes.

Allez, on se quitte après ce premier contact avec le sentiment que oui, on devrait pouvoir trouver un terrain de collaboration qui convienne aux deux parties.

Mais pour cela, il faut absolument trouver un lieu sûr et calme pour nous poser avec Corto durant 3 mois, et ce n’est pas simple dans cette ville. Et c’est là que les connexions improbables viennent bien à point …

Benoît, neveu de Paul a eu l’excellente idée de proposer à Nathalie de l’épouser. Nathalie a eu l’excellente idée d’accepter cette proposition (faite, soit dit en passant, sur le chemin de randonnée menant au site Inca Choquequirao non loin de Cusco !). Or Nathalie est Péruvienne et ses oncles et tantes vivent à Cusco, disposent d’un jardin et sont tout disposés à nous accueillir ! Si ç’est pas beau tout cela … Allons voir cela de plus près !

Fernando nous accueille donc ce premier soir à Cusco. Le courant et les connexions s’établissent très vite : Fernando et Ruth ont étudié et obtenu leur diplôme d’économiste en Belgique, à l’université de Louvain-La-Neuve dans les années 80 au moment où Paul y étudiait également et où Marie-Alliette y travaillait ! Cela ne s’est pas fait, mais on aurait déjà pu s’y rencontrer …

Bon allez, reste à rentrer Corto dans le jardin. Bien, bien, sauf que le jardin est entouré d’un mur en « Adobe » (boue et paille séchées) et que l’accès se fait par un portail dont la hauteur est insuffisante pour Corto … Aïe, Aïe, voilà le plan « 3 mois à Cusco » en péril …

Bon, restons calme : il ne manque pas grand-chose … Dégonflons la suspension arrière : cela fait déjà 3-4 centimètres de gagné, mais ce n’est pas suffisant. Dégonflons les pneus alors : Un peu mieux, mais ce n’est toujours pas cela … Bon allez, on sort la dernière cartouche  – et les tournevis avec … – et on démonte les fenêtres de toit …

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On réessaie. Fernando et Marie-Alliette sont aux aguets, Paul au volant. Centimètre par centimètre, Corto avance sous le portique. Marie-Alliette a quelques sueurs froides en voyant l’espace libre entre le toit de Corto et le portail s’amenuiser progressivement …

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Il nous aura fallu 2 heures pour y arriver, mais à un ½ centimètre (un demi !), cela passera …   et cela nous ouvre les portes d’un séjour utile à Cusco. Allez, on remonte les fenêtres de toit – d’autant plus judicieux qu’il commence à pleuvoir … – on regonfle un peu les pneus et on file au lit après cette journée assez éprouvante, il faut bien le dire …

Demain matin, nous commençons déjà à collaborer avec Kallpa … en route vers de nouvelles aventures, très différentes des précédentes !

 

 

2 réflexions au sujet de « Le choc de Cusco … »

  1. Coucou,

    Ouah, les photos sont superbes, et la misère ne transpire pas au travers de toutes ces couleurs…. Sur place, cela doit être tout à fait différent !

    Ca m’intéresse de savoir d’où vient l’expression « c’est pas le Pérou » ????.. le savez-vous ???

    J’ai bien ri en lisant l’arrivée de Corto chez Fernando !

    et je me demande : comment avez vous pu douter un instant que Paul n’y arriverait pas…. ?
    tu te souviens, Paul, un midi à Auchan où nous allions déjeuner avec ta voiture sur laquelle se trouvait le coffre de toit : pour entrer dans le parking pas de souci…. pour en sortir, tu as dû démonter le coffre…..

    A bientôt pour la suite,

    Françoise

    PS :

    C’est un vrai bonheur de vous lire !
    Beau geste que celui de Marwan et de Kawther : c’est sûr, vous allez rendre des gens heureux !!

    1. Hola Françoise : Merci pour tes commentaires et bien ri aussi en me rappelant cette splendide anecdote (quasi le coup de la panne :) … Sans le savoir, je m’entraînais déjà à affronter cette épisode péruvien ! Tout vient à point un jour !

      Allez, puisque tu entretiens notre mémoire, on te doit bien l’explication sur l’expression « c’est pas le Pérou » :

      « L’Eldorado, le pays de l’or, a longuement fait rêver les Européens, au XVIe siècle, lorsqu’ils ont mené de nombreuses expéditions en Amérique du Sud, avec l’espoir d’y localiser ce pays dont le prince se faisait saupoudrer d’or de la tête aux pieds chaque matin (selon les racontars de l’explorateur espagnol Martinez).

      Parmi les différentes vagues d’exploration et de pillage du continent sud-américain, c’est en 1532 que Francisco Pizarro défait les Incas au Pérou en capturant leur roi Atahualpa et en massacrant 20 000 personnes qui l’accompagnaient dans le piège que le conquistador avait tendu.
      Le roi prisonnier fait alors livrer aux Espagnols de très grandes quantités d’or et d’argent en échange d’une libération qu’il n’obtiendra jamais puisqu’il sera garrotté dans sa prison en 1533.
      Cet or sera ramené en Espagne par un des frères de Pizarro.

      C’est ce symbole de richesse qu’était le Pérou qui, en 1661, a fait d’abord apparaître le nom commun ‘pérou’ pour désigner un trésor ou une fortune.
      Puis, c’est en 1790 que sont nées aussi bien la version positive de l’expression (« c’est le Pérou ! ») que la négative, beaucoup plus utilisée aujourd’hui. »
      Source : Dictionnaire des expressions …

      Tope-là : A bientôt pour la suite :)

      Paul et Marie-Alliette

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